| GP Ouest-France / Jean-Yves Perron
Plouay sourit au "Monde"
et pleure son maître
Il
s'était fixé un extraordinaire défi.
Vingt-cinq ans après avoir pris en mains la destinée
d'un Grand Prix de Plouay bien moribond, Jean-Yves Perron
atteignait son but ! Sa ténacité, sa volonté,
son imagination, sa passion étaient venues à
bout de tout, l'UCI lui ayant même manifesté
une confiance sans borne pour l'organisation des Championnats
du Monde de l'an 2000.
Hein Verbruggen, le Président de l'Union Cycliste
Internationale, ne manque jamais de rappeler combien
il avait été épaté par cet
homme qui, un jour, n'hésita pas à le
rejoindre en Colombie sur une simple provocation. "Puisque
vous êtes aussi sûr de vous, je vous attends
demain à mon hôtel" lui avait-il dit
pour mettre fin à une conversation téléphonique
assez tendue, loin de se douter que son correspondant
breton serait au rendez-vous !
Las
cette belle histoire se termine tragiquement et, aujourd'hui,
si Plouay sourit au "Monde", tous les plouaysiens
pleurent leur maître : Jean-Yves Perron est décédé
le 14 février 2000 à la suite d'une cruelle
et terrifiante maladie. Sans pitié, insolente,
injuste, elle ne lui a pas laissé le temps de
vivre cet "arc-en-ciel"né de ses rêves,
de son enthousiasme et de son coeur.
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Laurent Fignon (le Champion de France
1984 à Plouay) et Jean-Yves Perron
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Créateur
et rassembleur, sa seule ambition était de promouvoir
sa cité, sa commune. Ainsi se plaisait-il à
entendre son ami Jacques Fourroux citer parfois à
ses frères du rugby l'exemple de ce petit bourg
morbihannais fort de ses cinq mille habitants qui savait
attirer chaque année quelques trois cents mille
personnes autour d'un événement cycliste
international.
S'il
fut à la fois courtisé et distingué
mais tout aussi cinglant, direct et sans détour,
Jean-Yves Perron n'était pas du genre à
regarder derrière lui. Alors, loin devant, attardons-nous
sur cet "arc-en-ciel" qui prend déjà
forme au-dessus de Ménéhouarne et souvenons-nous
qu'il fut le seul à l'imaginer, à le couver,
à le porter
filant de Montauban-de-Bretagne
à Saint-Méen-le-Grand, de Pluduno à
Saint-Malo, de Saint-Brieuc à Carhaix, avec le
désir d'impliquer toute la Bretagne dans son
projet.
Bernard
Léger
Extrait de "La Lettre des Championnats du Monde"
- Numéro 2
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